Depuis ses débuts, l'association Kerk Hof ne s’intéresse pas seulement au patrimoine funéraire bailleulois mais s'interroge de manière plus générale sur le développement de l'art funéraire aux XIXe et XXe siècle. C'est pourquoi, l'association cherche à constituer un fond bibliographique digne de ce nom, traitant du patrimoine funéraire. L'un de ses tout premiers achats est le Traité d’architecture (Tome 4) de Georges Tubeuf, publié en 1925.
A la page 291 s'ouvre un chapitre entièrement dédié à l’architecture funéraire. Dans ce chapitre, l'auteur développe quelques points de législation auxquels étaient soumis les champs de repos français de l'époque.
Aussi, Georges Tubeuf consacre plusieurs pages, dont certaines sont richement illustrées, aux différents types de monuments et d'ornements que nous sommes susceptibles de rencontrer dans les différents cimetières de l'hexagone. L'auteur commence par nous présenter la croix.
- La croix :
"Il est d’usage dans chaque cimetière, d’utiliser ou de disposer une croix assez élevée, entourée d’un tertre afin de déposer à son pied des couronnes de fleurs en souvenir de proches dont la sépulture a été reprise. Les types de croix les plus courants sont ceux en pierre, néanmoins on trouve parfois des Christs en fonte placés sur des croix de bois. Il s’en est beaucoup élevé aux XVe, XVIe et XVIIe siècles dont certaines constituent parfois de véritables objets d’art." Aujourd’hui, il est d'usage de désigner ces croix par le terme de calvaires.
- Les tombeaux :
Ce terme désigne les monuments destinés à recevoir le corps du défunt. Georges Tubeuf précise qu'il s’agit là "d’un terme générique sous lequel on range les pierres tombales, les chapelles funéraires, les cippes, les hypogées, les sépulcres, les tumuli, les mausolées etc."
L’élévation d’un monument durable nécessite la dépose du corps du défunt dans un caveau. Dans un caveau, plusieurs corps peuvent être déposés, cependant, il est nécessaire de laisser un espace d’au moins un mètre au-dessus du dernier corps (appelée mètre sanitaire). Dans la plupart des cimetières, des caveaux d’attente ou provisoires permettent de recevoir les cops de défunts avant leur transfert dans le caveau de famille ou la construction d’un nouveau monument.
- La pierre tombale :
Elle constitue l’élément de base nécessaire à la fermeture du caveau. Il s’agit le plus souvent d’une dalle de pierre ou de béton d’un seul morceau. Parfois cette dalle peut être ornée d’une croix latine, d’emblèmes divers et être formée de deux pentes, protégée par un entourage de fer ou de fonte constitué de dés de pierres et de balustrades en fer forgé.
Le terme de pierre tombale désigne aussi ces dalles funéraires apparues au XIe siècle et que l’on trouvait dans les églises. (Et dont on peut encore trouver quelques beaux exemplaires dans les églises du centre de la France et les musées tels que Cluny à Paris.)
- La pierre tombale avec stèle au chevet :
La stèle au chevet, ou à la tête, désigne une pierre sculptée, placée verticalement au bout de la pierre tombale. Cette stèle peut être ornée et porte généralement des inscriptions relatives au défunt (Identité). Il existe une importante diversité de formes et d’aspect de stèles. La plus simple est une pierre rectangulaire dressée debout et les plus ouvragées constituent des édicules des plus richement ornés, chargés de bustes, de médaillons, d’éléments symboliques tels que le lierre, le pavot, le papillon, les palmes, et d’éléments purement décoratifs tels que des jardinières.
- La chapelle funéraire :
L'auteur décrit la chapelle funéraire comme un petit édicule placé eu dessus du caveau et abritant généralement un petit autel, sorte de table supportée par deux colonnettes. Il en existe une très grande variété de par la diversité de leur taille, de leurs matériaux, de leurs ornements etc.
Vous pouvez consulter en ligne l'ouvrage de Georges Tubeuf sur le site gallica.bnf.fr en cliquant sur le lien suivant : Traité d'architecture

