Dans cet article, nous nous intéresserons à la famille Moeneclaey. Plusieurs de ses membres ont en effet marqué l'histoire de la ville, et notamment Monsieur Frédéric Moeneclaey que je vous propose de mieux connaître par cet article.
- Une sépulture familliale, celle de la famille Moeneclaey
La large sépulture de la famille Moeneclaey est ceinte d'un petit muret. Sur des plaques de granit noir sont gravés les noms des défunts. On y trouve notamment les noms de : Frédéric Moeneclaey décédé en 1917 à l'âge de 80 ans, maire de la ville de Bailleul de 1907 à 1917, et figure importante de l'histoire locale.
Jean Louis Stoppelgast décédé en 1865 à l'âge de 54 ans, maire de la ville de Bailleul de 1855 à 1864 et père de Mme Hélène Stoppelgast, épouse de M.Frédéric Moeneclaey, décédée en 1874 à l'âge de 36 ans.
Derrière le monument funéraire, à droite, on remarque la présence d'une tombe plus petite. Il s'agit de la tombe de Mlle Pauline Wicke, employée de maison, décédée en 1939 à l'âge de 90 ans "dont 75 passés fidèlement dans la famille Moeneclaey" comme le rappelle l'épitaphe.
- L'enterrement de M. Moeneclaey, ancien maire de Bailleul
L'extrait qui suit est issu du journal LE GRAND HEBDOMADAIRE ILLUSTRE paru le 18 novembre 1923.
"Bailleul, qui ressuscite de ses ruines, a rendu, dimanche, un hommage émouvant à ses enfants tombés au champ d'honneur et à M. Frédéric Moeneclaey, maire de la ville pendant la guerre, dont la courageuse attitude est restée gravée dans la mémoire de tous. Cette double cérémonie du Souvenir, qui se déroula avec le concours de l'administration municipale et de la population toute entière, fut suivie de l'inauguration de l'école des filles.
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En l'église provisoire de Saint-Vaast, à 10heures, la manifestation du Souvenir commença par un service solennel demandé par la municipalité, en l'honneur des soldats morts pour la France. Une assistance nombreuse emplissait la future salle du cercle. les édiles avaient pris place près de l'autel, ayant à leur tête MM. Natalis Dumez, maire; Flahaut et Vaskine, adjoints.
Éloquemment, M. le doyen Vandewalle convia ses paroissiens à se souvenir de nos héros en cet anniversaire glorieux et à maintenir l'union sacrée, à l'exemple de nos soldats sur le front.
Évoquant ensuite la belle figure de M. Frédéric Moeneclaey, qui, toujours, fut animé d'un patriotisme si éclairé , il félicita le gouvernement de lui avoir décerné la croix des braves.
Il termina en rappelant aussi le souvenir du vénérable octogénaire, M. Le chanoine Coubronne, archiprêtre de Saint-Vaast, qui fut si intimement uni au premier magistrat de la guerre.
A l'issue de la cérémonie religieuse, eut lieu, Grand'Place, le rassemblement des groupements et sociétés qui devaient participer au cortège : enfants des écoles, Harmonie municipale, Association des mutilés et sapeurs-pompiers ; puis l'on se rendit au cimetière aux sons des marches funèbres.
Le conseil municipal suivait le cortège. il était accompagné de MM. Plichon, sénateur du Nord, et Périer, conseiller général, que suivait la population de Bailleul.
Lorsque le cortège arrive auprès des tombes des soldats morts pour la France, les enfants des écoles y déposent de nombreuses gerbes de fleurs ; puis les autorités prennent place autour d'un tertre sous lesquels reposent les restes du baron Lejeune.
Les enfants entonnent un chant patriotique, célébrant les vertus de nos héros, et aussitôt M. Flahaut, adjoint, donne lecture du discours du maire, que celui-ci, par suite d'une extinction de voix, ne peut prononcer.
Le premier magistrat, après rappelé les heures glorieuses de la victoire, engagea ses concitoyens à se souvenir de ceux qui, par le sacrifice de leur vie en furent les artisans, et à élever leurs âmes au-dessus des égoïsmes et des petitesses humaines pour communier avec nos morts dans un idéal de justice et de liberté.
L'"hymne aux morts", de Victor Hugo, fut ensuite récité avec émotion par les enfants des écoles ; puis le cortège se referma pour se rendre à la tombe de M. Frédéric Moeneclaey.
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L'on sait que le gouvernement vient d'attribuer, à titre posthume, à l'ancien maire de Bailleul, la crois de la Légion d'honneur. Cette distinction si méritée par la belle conduite pendant la guerre de cet homme de bien, fut remise sur sa tombe au cours d'une cérémonie émouvante.
Au pied du monument mutilé, se tiennent les parents du vénéré défunt, et en particulier son fils M.Moeneclaey, conseiller à la cour des comptes; le conseil municipal ; MM. Plichon et Périer.
Après une marche funèbre, exécutée par l'Harmonie municipale, M. Périer s'incline respectueusement sur la tombe de l'ancien maire, dont il fut l'adjoint. Il fait un éloge délicat de celui-ci qui "toujours accomplit tout son devoir en forçant, par sa droiture, le respect de tous". Puis, il dispose sur la pierre tombale la croix de chevalier de la Légion d'honneur, pendant que la musique attaque la "Marseillaise".
M. Plichon, dans un discours éloquent, fait ensuite revivre la belle figure de M. Moeneclaey, disant notamment :
"Ce que la guerre dévoila, ce fut la puissance de caractère de cet homme, déjà arrivé à l'apogée de la vie. Le caractère, c'est-à-dire la plus belle vertu humaine. Il en donne l'exemple le plus haut, le plus noble. A son devoir, tracé par le caractère, il donne sa vie.
Il y a a cinq ans, les canons de toutes nos batteries, les cloches de toutes nos églises, célébraient la capitulation de l'ennemi, la victoire de la France. Vous ne pouviez, Messieurs, choisir une meilleure date pour commémorer la mémoire de votre illustre concitoyen, l'un des artisans de la victoire, car la victoire fut remportée par la force de l'âme française.
Du haut du ciel, où Dieu lui a donné la place réservée à ses bons serviteurs, il voit ses amis, ses concitoyens, réunis autour du monument, qui abrite ses restes mortels, et pieusement recueillis dans son souvenir.
Il voit se perpétuer sa race; il voit son nom glorieusement porté, par de bons serviteurs du pays, par des soldats de la grande guerre, car voici trois générations également marquées du signe de l'honneur, trois générations membres de la Légion d'honneur."
Après ce discours, qui produit sur l'assistance émue une profonde impression, le fils du vénéré défunt remercie MM. Plichon et Périer de l'hommage rendu à son père. Il unit aussi dans ses remerciements la municipalité et la population de Bailleul.
