Vous l'attendiez depuis longtemps, voici enfin le neuvième article de notre série "Qui suis-je?" dédié à l'artiste Camille Debert.
- Camille Debert (1867-1935) : un sculpteur bailleulois
Camille Charles Jules Debert né à Lille le 14 avril 1867, est le fils du sculpteur Charles Victor Debert (1839-1907) et de Juliette Marie Rosalie Gobrecht (1849-1925).
Le jeune Camille Debert grandit à Bailleul - ville d'où sont originaires ses deux parents - et étudie au sein de l'ancien collège des Jésuites. A la même époque, il rejoint l'Ecole académique de dessin où il suit les cours dispensés par le professeur Edouard Swynghedauw.
Par le biais de relations avec le peintre Pharaon de Winter, ami de son père, Camille Debert entre en apprentissage dans l'atelier de Hendrick Pickery à Bruges. Le jeune artiste y reste deux années, avant de revenir dans sa ville natale où il décroche une bourse de la fondation Benoît De Puydt lui permettant de suivre les cours de l'Ecole des Beaux-arts de Lille. Camille Debert rejoint par la suite la capitale, où il devient l'élève de Cavelier et de Barrias. De son exil parisien arrive le succès.
Ainsi, Camille Debert expose régulièrement au Salon des artistes français entre 1890 et 1901. Il se montre très à l'aise à la conception de portraits sculptés notamment de bustes et médaillons. De toutes ses réalisations, son oeuvre la plus aboutie semble être le buste intitulé "En Flandre".
Le sculpteur expose une première version de son oeuvre en plâtre au Salon de 1897 (localisation inconnue), puis une seconde version en bronze et marbre au Salon de 1901 (collection particulière).
Le buste "En Flandre" représente une bailleuloise : Mme Julie Vandermeersch née Behaghel. Le modèle, d'âge mûr, présente un visage émacié, encadré par un bonnet à pipeaux de dentelle et un capuchon de vieux mantelet typiquement flamand. Durant toute sa vie, Julie Vandermeersch chercha à aider les déshérités de la commune. Sans doute l'artiste a-t-il été touché par la charité et la dévotion de cette femme et la choisit alors pour modèle.
Mais ce pourquoi Camille Debert nous intéresse, c'est avant tout pour ses réalisations funéraires. Ainsi au cimetière de Bailleul, plusieurs de ses oeuvres sont encore visibles aujourd'hui. Citons pèle-mêle : le médaillon en bronze qui orne le monument funéraire du général Cheroutre ou encore le bas-relief en pierre qui décore le tombeau de la famille Lotthé (voir article du 6 septembre 2016 "le tourisme funéraire").
Ajoutons que Camille était le fils aîné de la famille Debert qui comptait trois enfants. Ses deux frères : Gaston (1871-1933) et Ernest (1880-1955) respectivement marbrier et sculpteur, réalisent également de nombreux monuments funéraires bailleulois.
En dehors des limites du cimetière, Camille Debert signe la monumentale sculpture qui orne le monument aux morts de la commune. Ce dernier est inauguré le dimanche 6 septembre 1925. La construction, atypique pour un tel programme, est "une oeuvre de noble et vivante architecture" comme le note le journaliste du Grand Hebdomadaire illustré. "L'idée qui a présidé au choix du monument s'inspire de cette vision de ruines que présentait la ville au lendemain de l'armistice." L'architecte, en se servant des matériaux provenant du beffroi et de l'église détruite a imaginé une masse de pierres ruinées, reproduisant au premier plan, le beffroi, et en arrière l'ogive de l'ancienne église Saint-Vaast. De cet amoncellement de briques et de pierres semble s'élever vaillamment La Victoire en bronze de l'artiste. Cette dernière se dresse "imposante et majestueuse" face à la cité de Mélusine.
Camille Debert décède à Paris, le 29 septembre 1935. Ses funérailles sont célébrées le 2 octobre à l'église Saint-Lambert de Vaugirard; il est inhumé ce même jour au cimetière de Montrouge où son corps repose encore aujourd'hui dans l'oubli le plus total (2e division, 6e ligne, 5e fosse).
Références :
Archives départementales du Nord. Consultées le 22 novembre 2016.
Archives de Paris. Consultées le 22 novembre 2016.
Documentation du Musée d'Orsay
SENECHAL Régis, Camille Debert sculpteur et artiste bailleulois, Cahier d'histoire locale n°11, imprimerie Indicateur des Flandres, Hazebrouck, 2010.
SN, "Le monument aux morts de Bailleul", Le Grand Hebdomadaire illustré, n°36, 6 septembre 1925.

