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Bienvenue sur le blog de l'association Kerk Hof, mémoire de pierre. Cette jeune association bailleuloise vous invite à découvrir ce patrimoine oublié que constitue le cimetière de la ville, véritable musée à ciel ouvert et bibliothèque de la vie.


Techniques 1

Publié par Arnaud Schoonheere sur 11 Août 2014, 17:01pm

Catégories : #techniques

Les monuments funéraires des XIXe et début XXe siècles sont généralement des constructions constituées de blocs de pierre taillée. L'association Kerk Hof s'est penchée sur cette question :

"Comment ces monuments ont-ils été élevés ? À quelles techniques les sculpteurs et marbriers de l'époque ont-ils eu recours pour déplacer, soulever ces énormes blocs de pierre (pesant parfois plusieurs centaines de kilos) jusqu'à leur lieu de destination ?"

Pour y répondre, la première chose à faire est d'aller sur le terrain mener l'enquête. Là, nous constatons que la plupart des monuments anciens conservent les stigmates des outils ayant servis à leur élévation.

Tout d'abord, intéressons nous aux trous de louve.

Les trous de louve, visibles sur plusieurs monuments, sont de petits trous, des excavations aménagés dans la pierre pour donner prise à la louve. La louve n'est autre que la pince employée par les sculpteurs pour lever les pierres. D'après le Montclos, les trous de louve sont généralement ménagés dans le pan qui devient, après la pose, le lit du dessus : et n’apparaissent en parement que dans le cas de remploi. Par chance, nous possédons au sein du cimetière, quelques exemples de trous de louve apparaissant en parement. (Voir photos)

Viennent ensuite les goujons. Ce sont des chevilles en métal ou bois qui rendent solidaires deux éléments superposés. Les goujons les plus fréquemment utilisés sont en métal, de forme cylindrique, et ont été noyés dans un bain de mortier ou de plomb lors de la mise en place des différentes parties superposées constituant le monument.

Les anciens monuments funéraires, imposants et presque immuables, reposent sur des pierres d'assises (situées à la base du monument). Pour empêcher les blocs d'assise de s'écarter les uns les autres, et ainsi éviter bien des accidents, les sculpteurs ont eu recours aux agrafes (parfois appelés crampons), de petites pièces de métal à deux crochets recourbés permettant de solidariser deux blocs de pierre. Avec les années, il n'est pas rare que les blocs de pierre qui ceinturant l'espace autour de la tombe se fissurent. Dans cette situation, des agrafes peuvent aussi être utilisées afin de réparer le monument.


Référence :

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture : méthode et vocabulaire, Éditions du Patrimoine, Paris, 2000.
Trou de louve visible sur la base d'un monument funéraire et dessin illustrant le fonctionnement de l'outil, goujon et agrafe.(Photos: A.Schoonheere, le 14/08/2014.)
Trou de louve visible sur la base d'un monument funéraire et dessin illustrant le fonctionnement de l'outil, goujon et agrafe.(Photos: A.Schoonheere, le 14/08/2014.)
Trou de louve visible sur la base d'un monument funéraire et dessin illustrant le fonctionnement de l'outil, goujon et agrafe.(Photos: A.Schoonheere, le 14/08/2014.)
Trou de louve visible sur la base d'un monument funéraire et dessin illustrant le fonctionnement de l'outil, goujon et agrafe.(Photos: A.Schoonheere, le 14/08/2014.)

Trou de louve visible sur la base d'un monument funéraire et dessin illustrant le fonctionnement de l'outil, goujon et agrafe.(Photos: A.Schoonheere, le 14/08/2014.)

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