Septième article de notre série "Qui suis-je?" dédié à MM.Emile et Jean Hié.
- Emile François Ghislain Hyacinthe Hié
Emile Hié est né le 25 décembre 1844 à Bailleul, et y est décédé le 4 mars 1907, âgé de 62 ans.
Epoux de Jeanne Marie Julie Delemer, Emile Hié était un important industriel de la cité de Mélusine, et ce grâce à son aïeul : Hyacinthe Hié (1800-1877). Ce dernier avait importé à Bailleul le métier à tisser sur mécanique Jacquard, fonctionnant manuellement. Déjà propriétaire de 4 petits ateliers au début du XIXe siècle, Hyacinthe Hié et M.Dervaux, filateur à Roubaix, fondent en 1864 la société « Hié & Compagnie », composée de 80 métiers à tisser.
Emile Hié, nommé premier directeur de cet établissement fit prospérer l’entreprise familiale et fournit de l’emploi à plus de 350 personnes (fabrique et annexes). Le tissage Hié devint, en l’espace de quelques années, le plus important établissement industriel de la ville.
Ajoutons, qu’Emile Hié fut également un ancien maire de Bailleul. Elu en 1880, il occupa ce poste jusque sa mort en 1907. Sur son épitaphe, on apprend également qu’il fut Président de la société d’agriculture et membre de la chambre de commerce d’Armentières.
Personnalité majeure de la vie politique bailleuloise à la charnière des XIXe et XXe siècle, Emile Hié s’est également imposé comme le catalyseur du développement de l’industrie textile de la ville. Aussi, en hommage à ce grand homme, l’une des rues bordant l’ancien tissage porte aujourd’hui son nom.
- Jean Baptiste Hyacinthe Eugène Joseph Hié
Fils d’Emile Hié et de Marie Delemer, Jean Baptiste Hié est né le 17 septembre 1876 à Bailleul et y est décédé le 4 mars 1945 à l’âge de 68 ans.
Reprenant les rênes de l’usine léguée par son père, Jean Baptiste Hié est confronté comme tous les Bailleulois au triste sort que connait la ville de Bailleul durant l’été 1918… Des bombardements alliés détruisirent la ville à plus de 98% et lorsque le 30 septembre de la même année, Monsieur Jean Hié revint à Bailleul, il découvrit une ville en ruines. Il déclara dans un discours prononcé le jeudi 9 mai 1924 lors du banquet de la fête du travail et de la reconstitution : «Au milieu de ce dédale de décombres, je retrouvais cette usine n’ayant plus pierre sur pierre. Mais soudain, au milieu de la dévastation générale, m’apparut miraculeusement préservée, l’âme de l’usine : la machine à vapeur. Elle était là encore debout, ses organes essentiels intacts. » Jean Hié songe alors retrouver la prospérité d’antan… La reconstruction est décidée peu de temps après et l’activité reprit dans les années 20.
Enfin, signalons que tout comme son père l’avait fait quelques années auparavant, Jean Baptiste Hié s’impliqua dans la vie communale et occupa la fonction de maire de 1928 à 1944. Aussi, il fut Conseiller général du Nord et président de l’HMB. Son épouse, Alphonsine Foulon fut la dernière défunte à être inhumée dans la chapelle familiale, décédée centenaire, en 1986.
- L’usine :
Les locaux désertés au cours des années 1990 sont aujourd’hui la propriété du département du Nord. Jadis rayonnante, l’usine est désormais bien mal en point : vitres brisées, murs fissurés, végétation envahissante… La liste des dégradations est longue.
Aussi, l’avenir de l’édifice est incertain. Plusieurs projets ont été évoqués mais aucun n’a vu le jour. La cheminée du tissage Hié érigée en 1920, comme on peut le lire par un jeu de polychromie des briques, « beffroi de l’industrie » symbolise le travail des plusieurs générations de Bailleulois. Sa destruction représenterait à coup sûr une perte irremplaçable de notre patrimoine local.
- La chapelle funéraire de la famille Hié
La chapelle de la famille Hié est certainement l’un des plus grands monuments funéraires construits au sein de notre cimetière. Erigé le long de l’axe sud menant au calvaire, l’édifice présente les caractéristiques de l’architecture néo-gothique, très en vogue à la fin du XIXe siècle. On trouve en effet des baies sous arcs brisés, un portail à plusieurs voussures, des colonnes adossées à chapiteau décoré de crochets et feuilles d’acanthe, une voûte en berceau brisé etc.
Bâtie en briques et pierres, la chapelle nous donne à voir un jeu de polychromie subtil. Les briques de couleur sable, contrastent avec le gris des pierres. Enfin, le rouge des menuiseries vient parfaire la composition.
Le décor est très soigné tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, où des plaques de marbre noir gravées au nom des défunts inhumés sous la chapelle, sont placées le long des deux murs latéraux. Hyacinthe, Emile et Jean Hié y sont tous les trois inhumés avec leurs épouses.
L’association Kerk hof tente d’entrer en contact avec les familles des descendants, qui visiblement, ne viennent plus entretenir le monument depuis plusieurs années. (voir photos)
Références :
- FICHEROULLE Jérôme, Bailleul, Pages de l'histoire locale, Le livre d'histoire, Paris, 2002.
- SENECHAL Régis, Bailleul au XIXe siècle, in Bailleul : Cahier d’histoire locale n°9, imprimerie Indicateur des Flandres, Hazebrouck, 2008.
- Archives départementales du Nord. Consultées le 5 avril 2014.

