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Bienvenue sur le blog de l'association Kerk Hof, mémoire de pierre. Cette jeune association bailleuloise vous invite à découvrir ce patrimoine oublié que constitue le cimetière de la ville, véritable musée à ciel ouvert et bibliothèque de la vie.


Qui suis-je ? 11

Publié par Arnaud Schoonheere sur 17 Novembre 2017, 23:08pm

Catégories : #Qui suis-je

En ce mois de décembre nous célébrons l'hiver mais aussi une auteure : Marguerite Yourcenar, décédée il y a 30 ans, le 17 décembre 1987.

 

  • Une enfant du Nord

 

Née à Bruxelles le 8 juin 1903, Marguerite Cleenewerck de Crayencour dite Marguerite Yourcenar est l'une des figures littéraires les plus importantes du XXe siècle. Fille de Michel de Crayencour et de Fernande de Cartier de Marchienne, Marguerite Yourcenar grandit au sein d'une famille aisée du Nord de la France. 
Ainsi, la jeune fille connaît-elle une enfance solitaire partagée entre le domaine du Mont-Noir à Bailleul et un hôtel particulier du 26 rue Marais à Lille. Si elle n'est pas familière des bancs d'écoles, son instruction reste assurée par des précepteurs et par son propre père, Michel de Crayencour.

Au milieu des années 1910, la jeune Marguerite Cleenewerck de Crayencour compose ses premiers poèmes et publie dès 1921 un livre intitulé Le jardin des Chimères où elle signe pour la première fois de son nom d'auteure : Marguerite Yourcenar, anagramme imparfaite de Crayencour.

Durant l'entre-deux-guerres, Marguerite Yourcenar voyage beaucoup à l'étranger que ce soit en Italie, en Autriche, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas tout en poursuivant son activité littéraire. Au seuil de la Seconde Guerre mondiale, elle prolonge ses voyages autour de la Méditerranée et des Balkans et découvre la Grèce qui devient son principal lieu de résidence de 1934 à 1939. 
Si elle rédige romans et nouvelles tout droit issus de son imagination fertile, Marguerite Yourcenar s'impose également comme traductrice. Ainsi, traduit-elle vers le français  Les Vagues de Virginia Woolf en 1937. A la même époque, elle fait la rencontre de l’universitaire américaine, Grace Frick qui deviendra par la suite sa traductrice en anglais et sa compagne.  

A l'annonce de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite Yourcenar émigre pour les Etats-Unis où elle s'installe auprès de Grace Frick. Elle obtient la nationalité américaine en 1947 et enseigne plusieurs années durant au sein de collèges universitaires réputés du pays.

L'année 1950 marque un tournant dans la vie de l'écrivaine puisque c'est à cette date qu'elle acquiert une petite maison de bois située sur l'île des Monts-Déserts (Mount Desert Island) et qu'elle baptise "Petite Plaisance". C'est dans cette modeste demeure que l'auteure vivra jusqu'à sa mort, en 1987.
En 1951 sont publiées les Mémoires d'Hadrien qui lui vaut une renommée mondiale, forte d'un succès public et critique sans précédent. 

 

  • La première femme élue à l'Académie française

 

Les années d'après guerre marquent l'apogée de la carrière de Marguerite Yourcenar. Ses romans tels que Mémoires d'Hadrien (1951) et L'Oeuvre au Noir (1969) récompensé du Prix Fémina, la font élire à titre de membre étranger à l’Académie belge de Langue et de Littérature françaises en 1971. 

En 1974, elle publie Souvenirs Pieux, ouvrage inaugural à son triptyque familial devant constituer "Le Labyrinthe du Temps". Trois ans plus tard est publié Archives du Nord le second volume de la trilogie. La même année, l'auteure reçoit le Grand Prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. 

Elle est finalement élue au sein de la prestigieuse Académie française, en 1980, avec l'appui de Jean d'Ormesson. Si elle est alors la première femme a entrer sous la coupole, elle sera également la première femme dont l’œuvre est publiée de son vivant dans la Bibliothèque de la Pléiade (1982).

De retour aux Etats-Unis, Marguerite Yourcenar décède le 17 décembre 1987 dans sa maison de Mount Desert. Elle laisse derrière elle une œuvre importante, dont le succès auprès des dernières générations ne s'est toujours pas démenti. 

Portrait de Marguerite Yourcenar  par Bernhard De Grendel en 1982, à Bailleul. (Photographie : CC/Wikimedia/Bernhard De Grendel via la-croix.com ).

Portrait de Marguerite Yourcenar par Bernhard De Grendel en 1982, à Bailleul. (Photographie : CC/Wikimedia/Bernhard De Grendel via la-croix.com ).

  • La sépulture familiale des Cleenwerck de Crayencour

 

Si l'auteure est inhumée aux Etats-Unis, ses ancêtres reposent quant à eux dans des nécropoles européennes. Ainsi les ancêtres paternels de Marguerite Yourcenar reposent dans un caveau installé au cimetière de Bailleul. 

De dimensions monumentales, le tombeau des Cleenewerck de Crayencour présente une forme assez simple pour ne pas dire banale. En effet, le monument se compose d'un muret de pierre disposé de sorte à former un "U" ouvert sur l'allée. Au fond, le muret est surmonté d'une croix massive, flanquée de deux consoles. Un sarcophage aux lignes épurées est placé au centre de l'espace délimité par le muret de pierre. Son isolement est renforcé par la présence des trois marches qui précèdent le monument, installant de fait une distance entre le visiteur et l'illustre famille.

Si l'architecture de ce tombeau renvoie une certaine monumentalité, elle souligne également le caractère important des défunts qu'elle honore dignement. 

Sous la croix de pierre qui s'élève à l'arrière du monument est sculpté un blason représentant les armes de la famille Cleenwerck de Crayencour. Si ce dernier ne porte aucune trace de polychromie, nous pouvons aisément y reconnaître les formes qui le constituent. Ainsi les armes de la famille sont elles ainsi décrites :  "d'azur à trois étoiles à cinq rais d'or au chef d'argent chargé de trois merlettes de sable".

Enfin, un ruban sur lequel est inscrit le nom de la célèbre famille est sculpté au dessus du blason. Ces détails constituent la seule ornementation sculptée du monument. En effet, aucune frise de postes, de motifs géométriques ou de fleurs ne vient adoucir la rigueur et la massivité de la construction. Par ailleurs, aucun prénom n'est gravé sur le monument. Il est donc impossible pour le promeneur de connaître l'identité des défunts qui reposent sous le monument. 

 

Références : 

- Archives départementales du Nord

- Notice issue du site de la BnF : http://data.bnf.fr/11929535/marguerite_yourcenar/

- Notice issue du site de l'Académie française : http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/marguerite-yourcenar

 

Nos adressons nos sincères remerciements à M. Achmy Halley qui a eu la gentillesse de nous distiller ses précieux conseils pour la rédaction de cet article. 

Le tombeau de la famille Cleenewerck de Crayencour (Photographie : Arnaud Schoonheere, mai 2013).

Le tombeau de la famille Cleenewerck de Crayencour (Photographie : Arnaud Schoonheere, mai 2013).

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